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2006/2012
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et l'Ecriture
Têtes
réfléchissantes
L'Oeuvre
au noir
Pastels 1954 - 1990
 
L'OEUVRE AU NOIR
(1995 / 1997)
 
Après une retraite de plusieurs années, Michel Degand revient à la charge.
Et charge.
Accuse l'abus d'images.
Une rupture radicale s'est opérée avec la période des tapisseries.
Celles-ci constituaient une expression sereine liée à la muralité.
Celles-là expriment une protestation véhémente devant la virtualité liée aux nouvelles technologies.
Véhémence qu'affirme la palette magnifiée de noirs. Noirs balafrés de stridences de rouge, jaune, vert.
Afin que s'inscrivent l'éclatement, la déchirure.
Affranchie des techniques antérieures,
mais sans rien perdre des qualités de graphisme de structuration, l'oeuvre de Michel Degand a gagné en puissance symbolique.
En solitaire, et loin des courants artistiques, il a réalisé là son "oeuvre au noir"...
Il trouve le champ infini des noirs.
Le message est d'excellence.
Françoise Poiret
Mes nuits bleues (81x65)  
 
Le Necker (195x130) Le Taureau de beuvrage (195x130)
Notre monde est tapissé d'images qui nous le dissimulent. Derrière le mur, insidieuse, se profile l'ombre de Méduse.

Passif, le consommateur, inconscient de ce phénomène banalisé, reste sans défense. Il se laisse pétrifier.

Les images les plus atroces n'agressent plus à force d'être répétées et confondues avec le papier peint. L'accoutumance use le regard. La quantité nuit à la qualité de la perception. Lénifiants, les médias ouvrent les portent de la nuit (De bouche à oreille).

Où sont les forges du bouclier de Persée ? Une patiente éducation du regard, le temps nécessaire à la contemplation, des lieux, galeries ou musée, jalonnent le chemin.

Ces derniers lieux font office de gîtes d'étape ou de laboratoires de déconditionnement. On y retrouve la lucidité et la force de l'action.

Exposer des poussières du monde que l'artiste éclaire, c'est offrir une chandelle qui dissipe l'ombre de Méduse.

Telle pourrait bien être la métaphore soutenue par l'omniprésence du noir dans l'oeuvre de Michel Degand.
"Voir, tout est là"

Mais comment mettre en oeuvre cet aphorisme abyssal à l'ère du mitraillage cathodique ?
Alain Réveillon
Exposition au Château-musée - Boulogne-sur-Mer
1995
     
Flèche rouge (92x73) Language (116x89) Celui qui connaît (61x50)
L'artiste se rétracterait-il en passant de la graphie intime aux images puibliques ? Michel Degand conjugue plutôt les signes de notre temps avec les siens propres. Dès que le spectateurr reconnaît un certain nombre d'images médiatiques, il est amené à les réinterroger et à les réactiver. Isolées de leur contexte d'origine, elles forcent un nouveau regard. En échappant à l'emprise idéologique qui les a fait naître, elles en libèrent ipso facto le spectateur. Celui-ci est simplement renvoyé à ses associations d'idées.

Pour ce voyage, Michel Degand nous tend un trousseau de clés. Les titres qu'il donne à ses toiles, il en fait des outils oeuvrant contre le sens commun et destinés à bousculer le spectateur bercé par ses habitudes visuelles ou tenté par la littéralité. Prenons comme figure emblématique la Tête réfléchissante I.
Ne nous arrêtons pas à l'humour qui se dégage de cette calvitie de bon bourgeois. Ce crâne, constellé, se dématérialise. Il est céleste. Le regard se dirige vers l'infini et emporte le nôtre vers le verso, l'au-delà des apparences. Cette tête réfléchit la lumière parce qu'elle pense.

Une simple lecture de ces titres tisse la texture mentale des oeuvres qui nous parlent de regard, de lumière, de voyage, de mémoire, de mots...

C'est de l'homme qu'il s'agit
nous affirme d'emblée l'un d'eux. Le cheminement nous fait croiser L'homme de raison, tourné en dérision. Les belles et la bête que l'on peut qualifier d'immmonde, le Voyageur du vaste espace qui relie l'informatique et l'intersidéral. J'avance d'heure en heure à travers les âges de la vie. Qui suis-je Au regard de l'autre ? Une simple tache ? Une caricature ? Nul ainsi ne connaîtra ce que cachent les Brumeuses chimères. C'est L'inexprimable qui s'affiche. Telle est la réponse de Michel Degand à une civilisation qui accorde plus de valeur au verbe savoir qu'au verbe croire.
Pourquoi l'art ne serait-il pas un moyen de connaissance qui déciderait enfin de 'pendre l'ombre pour la proie" ?
Alain Réveillon
Au retour de mes voyages (150x150)
 
Comme un soleil nouveau (195x130) Horizon bleuâtre (195x130)
   
Sur le fini des mers (120x120)
L'artiste est sans doute un rêveur solitaire qui profite d'une exposition pour partager le fruit de sa rêverie.

Bachelard la précise en ces terme :
"Un rêveur, uni physiquement à la vie des choses, dramatise l'insignifiant. Pour un tel rêveur de choses, en sa rêverie minutieuse, tout a une signification humaine."

Durant trois années de descentes quotidiennes au fond de sa mine-atelier, Michel Degand a remonté la materia prima des terrils qui balisent son horizon.

Le temps est venu de l'exposition au grand jour. Le temps est venu du partage.
De ces monts de l'Olympe tamisés, il a extrait la pierre gemme. Il n'en est donné à voir ici qu'une infime partie. Du noir charbon, combustible des forges de Persée, à la pierre noire qui ouvre la porte des cieux, à nous de découvrir dans les mille reflets lumineux de leurs moires, le diamant qui s'y cache.
Alain Réveillon
Terre de nuits II (40x40) Terre de nuits III (40x40)
   
Sur la nuit accomplie (100x73)
Il n'y a que le faire qui compte, l'immersion dans la matière picturale. Michel Degand reprend souvent son expression favorite : "Monter au tableau". Il s'agit à la fois de suggérer l'idée d'une bataille avec la toile, "monter au créneau", mais aussi de reprendre l'image du tableau noir de l'enfant, intimidé parce qu'il ne saura pas répondre aux questions posées.
En effet, la toile blanche est, dès l'abord, couverte d'un beau noir mat, le "noir à tableau" des écoles. Le noir et le gris formaient déjà la base simple de ses premières oeuvres peintes, choix étonnant pour ce créateur qui allait jusqu'à utiliser 60 couleurs pour une seule tapisserie, à l'époque où il s'adonnait à cet art. Choix d'autant plus étonnant que le premier terme qu'il associe au noir est celui de la Lumière : une de ses oeuvres initiales porte ce nom antithétique de Lumière noire. Le blanc, et tous les imprimeurs le savent, ne retient aucune lumière. En revance, les trois couleurs primaires réunies forment une entité qu'est le noir... Ce noir qui rappelle les puissances nocturnes de la nuit, de ses vingt-cinq ans de travail la nuit, n'évoque pas le drame de la mort mais plutôt le mystère d'une révélation par la peinture, comme si on développait une photographie dans la chambre noire.

Le peintre est le plus fort, qui retranscrit le Chaos originel, les forces de l'Olympe déchaînées. La mythologie de Michel Degand, c'est celle du Nord, celle des revenants des côtes du littoral, les Reuzes, celle des souterrains de l'Artois, aux mille et une cachettes, les Muches... Et les lourdes masse recréées évoquent des corps de géants, des combats de titans, des falaises d'où coulent des fleuves flamboyants ou glacés. Puisque le sens échappe par sa multiplicité, il reste la matière en ces poids lourds qui s'écrasent, ces menhirs arrêtés dans le temps, aux vagues formes humaines, menhirs dont personne encore n'a vraiment percé à jour le secret.
Laurence Boitel
Le travail est égal au chemin parcourue (150x150) Le ciel était charmant (150x150)
   
Quand l'ombre investit la terre... (150x150)
 
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